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bouddhisme tibétain
Les 8 auspicieux symboles du bouddhisme tibétain
 
Les 8 auspicieux symboles, les 8 substances auspicieuses, et les offrandes des 5 joyaux. Les 8 auspicieux symboles forment le plus connus groupe des emblèmes bouddhiste, et leur origine peut remonter avant la naissance du bouddhisme en Inde. Les 8 auspicieuses substances datent à peu près de la même période, malgré cela elles restent moins connues, uniquement comme un groupe. Les offrandes des 5 sens ont probablement été incorporées à l’iconographie bouddhiste plus tardivement ; elles ont été référencées pour la 1ère fois, comme groupe symbolique dans le Guhyasamaja Tantra, qui fût révélé entre le 6ème et le 8ème siècle AD. En tant que rituel symbolique des 5 joyaux sensoriels, cependant, ils ont probablement été pratiqués très tôt et dans différentes formes du Védisme.
 
Les 8 auspicieux symboles (Skt. Ashtamangala ; Tib. Bkra shis rtags brgyad)
 
Les 8 auspicieux symboles du bouddhisme, sont un parasol, une paire de poissons d’or, un vase à trésor, un lotus, une conque dextrogyre, un nœud sans fin, une bannière de victoire et une roue d’or.
Leurs origines remontent à un groupe de symboles utilisés par la monarchie indienne lors de couronnement des rois. Ont les retrouvent également sous des forment différentes chez les Jains. Dans le bouddhisme ces 8 symboles de chance représentent les offrandes faites par les dieux au Bouddha Shakyamuni immédiatement après qu’il ait atteint l’éveil.
Brahma fût le premier a apparaître avec une offrande d’un millier de roue s d’or et demanda à Bouddha de tourner la roue de l’enseignement du Dharma. Indra le dieu du ciel apparût en second, présentant une conque dextrogyre comme symbole de la proclamation du Dharma. Sthavara reine de la terre, apparût du rayonnement du Bouddha lui présenta un vase plein de nectar d’immortalité.
Iconographiquement Brahma et Indra sont fréquemment représentés à gauche et à droite du trône de lumière du Bouddha, offrants la roue du Dharma et la conque de la proclamation du Dharma. Dans le bouddhisme Vajrayana les 8 auspicieux symboles sont affectés à 8 déesses connues sous le nom de Ashtamangala Devi, lesquelles portent chacune un des 8 symboles comme leur attribut. On les retrouve également dans les 8 positions du corps pratiquées dans le Yoga, ou dans le bouddhisme chinois représentant les 8 organes vitaux du corps de Bouddha.
La tradition tibétaine les identifient comme étant les parties du corps de Bouddha à savoir, le parasol représentant sa tête, les 2 poissons d’or ses yeux, le lotus sa langue, le vase au trésor sa nuque, la roue ses pieds, la bannière son corps, la conque sa parole, et le nœud sans fin son esprit.
 
Le Lotus :
Symbole de pureté, renonciation et divin.
 
Le nœud sans fin :
Sans commencement ni fin, symbolise la sagesse et la compassion infinies du Bouddha. Il souligne la réalité de l’existence.
 
Les 2 poissons d’or :
Symbolisent le Gange et le Yamuna. Les canaux lunaires et solaires. Ils représentent le bonheur, comme leur parfaite liberté dans l’eau. La fertilité et l’abondance.
 
 
Le parasol :
Protection et royauté. La fraîcheur de son ombre symbolise la protection contre la chaleur de la souffrance, du désir, des obstacles, de la maladie…
 
La bannière de victoire :
Représente la victoire de Bouddha sur les Maras (illusion), symbolise les 11 méthodes pour parvenir à l’éveil : le développement de la connaissance, la sagesse, la compassion, la méditation et son éthique, la prise de refuge dans le Bouddha, l’abandon des fausse vues, générer des aspirations spirituelles, l’abandon de soi, et l’unités des 3 samadhis du vide, sans forme et sans désire. Elle a le pouvoir de battre le mal.
 
Le vase à trésor :
Est un vase divin qui possède la qualité des manifestations spontanées : on peut le vider tant que l’on veut il se rempli à nouveau instantanément.
 
La conque :
Est l’emblème du pouvoir, de l’autorité et de la souveraineté, elle détruit les esprits malins, prévient des désastres naturels, et éloigne les créatures venimeuses. La conque proclame la vérité du Dharma, elle symbolise la voie profonde et résonnante du Bouddha.
 
La roue :
Représente la création, la souveraineté, la protection et le soleil. Elle symbolise le mouvement, la continuité et le changement. C’est la roue du Dharma (la roue de la loi). Pendant le 1er enseignement du Bouddha dans le parc des daims à Sarnath, fût le premier à tourner la roue du Dharma, et il révéla la vérité, ou Dharma, des 4 nobles vérités : la vérité de la souffrance, son origine, sa cessation et la vérité des 8 nobles sentiers, qui guident vers la cessation de la souffrance.
Bouddha

Le bouddhisme est l'un des grands systèmes de pensée et d'action orientaux, né en Inde au VIe siècle av. J.-C.. Il est fondé sur un triple socle appelé les Trois Joyaux : les bouddhistes déclarent prendre refuge dans le Bouddha (le fondateur du bouddhisme), dans le Dharma (la doctrine du Bouddha) et dans le Sangha (la communauté des fidèles pour certains, l'Ordre monastique pour d'autres).

 

 

Shakyamuni
 

Shakyamuni

 
Le Bouddha Shakyamuni est celui qu’on appelle habituellement « Le Bouddha », autrement dit le personnage historique qui vécut au sixième siècle avant J.C., né dans un petit royaume de l’Inde ancienne (région aujourd’hui intégrée au sud du Népal) sur lequel régnait le clan des Shakyas. Il reçut à la naissance le nom de Siddharta (souhaits exaucés), le nom de sa famille étant Gautama, on l’appelle aussi Siddharta Gautama. Ce n’est qu’après son Eveil, qu’il fut connu sous le nom de Shakyamuni, le sage des Shakyas.
 
Les 12 actes
La vie du Bouddha Shakyamuni, comme celle de tous les bouddhas historique, fut marquée par une série d’évènements servant de repères, les 12 actes. Pour les Occidentaux, formés à une vision rationnelle de l’histoire, ces Douze Actes sont empreints de légende. Pour les Tibétains, ils constituent un récit fidèle des faits, tout en sachant qu’il existe de multiples degrés de perception et que la « vérité » n’est pas toujours accessible aux sens et à l’intelligence ordinaire.
 
1.        L’époque et les circonstances étant favorable sur terre, le futur Bouddha décide de descendre du ciel de Tushita, sur lequel il règne. Avant son départ il transmet sa couronne à Maitreya, le futur Bouddha.
 
2.        Il entre dans la matrice de sa mère, Maya, épouse de Suddhodana, roi des Shakyas. Maya, dans un songe voit sa conception sous la forme d’un éléphant blanc à six défenses pénétrant son flanc.
 
3.        Il naît en tant que prince Siddharta Gautama dans le parc de Lumbini. Cette naissance est miraculeuse. Sa mère Maya, se promenant dans le parc saisit la branche d’un arbre qui s’incline devant elle. Elle reste debout, et le prince sort de son flanc droit, sans la blesser. L’enfant fait aussitôt 7 pas dans chacune des direction et, chaque fois que son pied touche le sol, s’épanoui spontanément un lotus. (sa mère mourra peu de temps après sa naissance. Devenu Bouddha, le prince se rendra dans le monde des dieux où elle se sera réincarnée afin de lui délivrer des enseignements.)
 
4.        Il reçoit une éducation princière et devient expert dans les sciences, les arts et le métier des armes.
 
5.        Il épouse Yashadhara, qui lui donne un fils, Rahula. Jusqu’à 29 ans, il goûte avec eux les plaisirs de la vie de famille et la vie de palais.
 
6.        Il prend conscience de la souffrance, lorsqu’il rencontre un malade, un vieillard et un cadavre. Il aperçoit aussi un sage, dont la vision le trouble. Ces quatre rencontres sont pour lui déterminantes. Il comprend que les joies et les plaisirs qu’il a connus jusqu’à présent ne sont que très passagers et qu’il lui faut trouver une paix qui ne dépend pas des circonstances, un état définitivement au-delà de la souffrance. Aidé par les dieux et par son cocher Chandaka, il quitte le palais, se coupe les cheveux en usant de son épée, se dépouille de ses habits princiers, et se vêt de guenilles. Le voilà désormais moine errant en quête de l’Eveil.
 
7.        Pendant 6 ans, près de la rivière Nairanjana, près de l’actuel Gaya, il se livre à une terrible ascèse qui le laisse émacié et épuisé.
 
8.        Réalisant la vanité de cette voie, il abandonne ses compagnons d’ascèse et accepte d’une bergère une crème de lait, sur les rives de la rivière Nairanjana. Il retrouve ses forces et se rend, non loin de là sous un arbre pipal ( qui deviendra l’Arbre à Bodhi). Tourné vers l’est, il s’assoit en méditation et fait le vœu de ne pas se lever avant d’avoir atteint l’Eveil.
 
9.        Il est assailli par les troupes du Démon, Mara. Ce dernier n’arrive pas à le terrifier par la manifestation de démons horrifiants ni à le séduire par l’intermédiaire de ses filles qui dansent devant lui. Le Bouddha est vainqueurs, mais Mara lui dénie la victoire, faute de témoin. Le Bouddha prend alors la terre à témoin, il la touche de la main droite, et celle-ci frémit pour lui confirmer son triomphe.
 
10.     Il demeure en méditation toue la nuit, obtenant la réalisation de la nature des milliers de renaissance qui ont été les siennes ainsi que de la manière dont les êtres de l’univers, sous l’emprise de l’ignorance et du désir, reprennent sans cesse des naissances douloureuses. Enfin, à l’aube, il sait qu’il a éliminé toutes les impuretés de son esprit et qu’il ne sera plus jamais soumis à la renaissance. Il a obtenu l’état spirituel le plus haut, l’Eveil complet et parfait d’un Bouddha. Il est alors âgé de 35 ans.
 
11.     Après avoir écarté la tentation de ne pas révéler le dharma en raison de sa trop grande subtilité, il se rend au parc des gazelles de Sarnath, près de Bénarès, où pour la première fois, il tourne la roue du dharma, pour 5 ascètes, ses anciens compagnons d’austérité. Il leur expose les Quatre Nobles Vérités :
 
1.        la souffrance est inhérente au samsara(le cycle des existences conditionnées), il serait donc vain et illusoire de vouloir construire un bonheur authentique et durable à l’intérieur du samsara.
 
2.        la souffrance tire son origine de causes : l’ignorance, les perturbations internes (désir-attachement, haine-aversion, aveuglement, orgueil, jalousie, etc…) le karma négatif
 
3.        il est possible d’atteindre la cessation de la production de la souffrance, c’est-à-dire le nirvana
 
4.        il existe un chemin qui mène à cette cessation. Ce chemin est l’octuple noble sentier : vue juste, parole juste, effort juste, moyens de subsistances justes, concentration juste, absorption juste et action juste.
 
Parcourant à pied les routes de l’Inde du Nord, Shakyamuni continuera à enseigner jusqu’à la fin de ses jours.
 
12.     A l’âge de 80 ans, près de la ville de Kushinagara, il quitte son corps physique et passe dans le parinirvana.
 
Dans le temps et au-delà du temps
 
Aux yeux des bouddhistes, le Bouddha Shakyamuni est à la fois un homme et plus qu’un homme. Il fut, bien sur, urne personne humaine, définie par une apparence physique, un lieu de vie, un temps de présence sur la terre et des actes merveilleux. Mais il est beaucoup plus qu’un homme, dans la mesure où son esprit – ce qu’il est vraiment – échappe au temps et à l’espace et ne saurait être frappé par la mort. En ce sens, il demeure dans l’éternel présent et rayonne d’un amour qui ne peut s’éteindre. Son séjour sur terre fut un acte de compassion pour guider les humains, le moment visible d’une invisibilité et infinie réalité. Le Bouddha Shakyamuni est ainsi à la fois un modèle, un guide et une source d’inspiration et de grâce. La continuité de sa présence sur la terre est assurée par le dharma (son enseignement) ainsi que par la sangha, la communauté de ceux qui préservent, transmettent et réalisent cet enseignement. Bouddha, dharma et sangha constituen les Trois Joyaux du bouddhisme.
 
Le Bouddha Shakyamuni – Le Bouddha prenant la terre à témoin
 
Le Bouddha Shakyamuni, le corps de couleur d’or, vêtu de la robe jaune des moines, fait ici, de la main gauche, le moudra de la méditation et, de la main droite, le geste de prendre la terre à témoin.
Il est assis sur un lotus dont le centre est recouvert d’un disque de lune. Le lotus, qui pousse dans la vase sans être souillé, symbolise le fait d’agir dans le monde sans être touché par ses imperfections. Ici, il représente le renoncement : tout en vivant dans le monde, ne pas chercher à en tirer profit et n’être aucunement souillé par l’attachement, le désir, l’aversion, la recherche de la gloire ou du gain, etc. La robe de Shakyamuni est faite de multiples pièces cousues ensemble. Ceci est un rappel de la pauvreté monastique : l’habit était composé de guenilles teintes avec la teinture la moins chère que l’on puisse trouver. La protubérance crânienne et les lobes d’oreilles très allongés sont des traits caractéristiques des bouddhas. La mandorle autours du Bouddha représente le rayonnement naturel de son autant que de son esprit. Le geste de prendre la terre à témoin se réfère à un épisode de l’illumination de Shakyamuni. Lorsque, assis sous l’arbre de la Bodhi, il s’apprêtait à atteindre l’Eveil, une des dernières ruses de Mara, le démon, fut de lui dire que nul n’était témoin des mérites lui permettant d’obtenir l’état sublime. Le Bouddha toucha alors le sol de sa main droite et Vasundhara, déesse de la terre, apparut pour attester ses qualifications.